La mémoire d'Aldino

 

MONT-SUR-MARCHIENNE  

Aldino Soloperto a commencé à travailler au charbonnage 24, de Monceau Fontaine, la nuit même de son arrivée en Belgique,
le 17 juin 1948. Il avait 20 ans. En quelques années, il a gravi les échelons hiérarchiques dans différentes sociétés de
charbonnage. Manoeuvre, boutefeu et secouriste, porion puis porion appointé... À 26 ans à peine, il dirigeait déjà une
trentaine de mineurs : "c'était une grande fierté pour moi. En tant qu'appointé, j'avais droit à plus de congés payés,
à des dimanches libres, à des primes".

Alors qu'il allait être nommé conducteur de la mine, Aldino a été contraint de quitter Charleroi pour Liège.
Une mutation qui allait de pair avec un retour à la case départ dans la hiérarchie. Mais là aussi, sa volonté et
ses compétences lui ont permis de monter rapidement en grade, jusqu'à la fin de sa carrière en 1971.
Aldino, comme nombre de ses compatriotes n'ont pas de rancoeur vis-à-vis de l'État belge qui leur a offert du travail,
"alors qu'en Italie, il n'y avait rien", commente Aldino qui rend particulièrement hommage à la Wallonie pour lui avoir
donné sa chance de travailler et "de devenir un homme responsable".

Trente-cinq ans après avoir définitivement remis son casque et sa torche, l'ambiance particulière de la mine hante
toujours ce septuagénaire. Depuis 1999, il s'attelle donc à la création d'un mémorial dédié à la mine, à tous ceux
qui y ont trimé et à tous les malheureux qui y ont laissé la vie. Ce mini-musée a trouvé sa place dans la cour
jouxtant sa maison. Au centre de la cour à ciel ouvert trône un chariot chargé de charbon et entouré de différentes
colonnes rendant hommage à toutes les victimes de la mine. "Je vais bientôt ajouter une molette. Je suis en train de la
construire", indique Aldino, soucieux de poursuivre son oeuvre pour, dit-il "laisser un beau souvenir à la Wallonie qui
m'a tout donné".

Sur les murs, les visiteurs peuvent découvrir des anciennes photos, des articles de presse, des lampes à pétrole,
des statues, des casques de mineurs... Tous les objets qui ne pouvaient être exposés à l'extérieur ont trouvé leur place
dans une pièce de la maison. Au centre de la pièce, Aldino a reconstitué un rail de la mine avec ses wagons poussés par
des hommes. L'occasion de replonger dans le quotidien des mineurs, en se laissant bercer par le flot de paroles d'Aldino.

(Sources : La Dernière Heure 05/08/2006)

Contact :
Aldino SOLOPERTO
24b, rue des Déportés
B-6032 Mont-Sur-Marchienne
Tél. 071/47.44.91

Photographies : Jean-Pierre Arte

 

 

 

 

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Commentaires (2)

1. Olivier GILSOUL 01/11/2010

Un superbe article sur Mr SOLOPERTO (son courage et celui de tous ces héroïques mineurs mérite éternel respect) se trouve dans l'édition NOVEMBRE-DECEMBRE 2010 de la revue GEOVOYAGE consacrée à la Belgique. A lire. Amitiés.

2. @mour 15/09/2010

Cet homme est fantastique. Il a dû aimer son métier qui pourtant était bien difficile. Bravo à lui et à toi pour nous avoir fait découvrir cet endroit.

Gros bisous

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