La centrale électrique de Marchienne-au-Pont

 

LA CENTRALE ELECTRIQUE DE MARCHIENNE-au-PONT


La SPAQuE (Société Publique d'Aide à la Qualité de l'environnement) a entamé en septembre 2010 les travaux préalables à la réhabilitation du site "Centrale électrique de Marchienne-Au-Pont". Les premiers jours du chantier ont été consacrés aux opérations de débroussaillage et de déboisement. SPAQuE procède actuellement à l'évacuation du contenu des locaux et déconstruira, dans les semaines à venir, l'essentiel des anciennes infrastructures industrielles. La durée de cette première étape est estimée à nonante jours.


Le site "Centrale électrique de Marchienne-au-Pont" est situé le long de la Sambre et délimité au sud par la rue Georges Tourneur. Au fil des évolutions technologiques et des besoins en électricité, différentes installations ont été implantées sur ce terrain de 10 hectares.


La première centrale a été construite au début du XXème siècle par la Société des Charbonnages de Monceau-Fontaine, à côté de l'ancien siège charbonnier n° 19 dit Saint-Martin. A cette époque, il s'agissait d'une petite centrale au charbon, à faible rendement, utilisée pour subvenir aux besoins du siège d'extraction. La centrale a été agrandie dans les années 1930 au travers de l'installation de 12 chaudières développant une puissance totale de 27.000 kW. Dans les années 1950, une seconde centrale a été construite et mise en service. Sa production électrique servait à alimenter douze sièges d'extraction du charbon, trois triages-lavoirs et quatre centres d'agglomération. En 1958, la puissance de la centrale est augmentée et passe de 27.000 kW à 115.000 kW grâce à l'installation d'un nouveau groupe électrogène. Au début des années 1970, la centrale fut partiellement convertie au fuel et au grisou.

Reprise par une compagnie de distribution d'électricité (Electrabel, NDLR) durant les années 1990, sa production a progressivement diminué au profit des centrales nucléaires mises en oeuvre sur d'autres sites en Wallonie.

   

En 1997, les activités sont définitivement arrêtées. Trois ans plus tard, le propriétaire a entrepris la démolition des bâtiments jusqu'au ras du sol, à l'exception du bâtiment des grilles, de l'atelier-magasin et du local technique. Les fondations ont été laissées sur place et les caves comblées avec les débris de démolition.

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Puits N° 19, démoli en 1989


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puits N° 18, démoli en 1989

 

 

Puits N° 18, démoli en 1989

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parmi le texte ci-dessous, vous trouverez, notamment, des documents d'archives concernant des commandes effectuées par la société des Charbonnages de Monceau-Fontaine. Ce sont les originaux (ici, scannés) que j'ai "sauvés" et qui jonchaient le sol d'un bâtiment dont la SPAQuE va entreprendre la démolition.

Monceau-Fontaine fut, et de loin, la plus importante du bassin minier de Charleroi. Son histoire est une longue série de fusions et d'annexions. C'est en 1807 qu'une première société fut fondée regroupant un certain nombre de cayats mais ce n'est que 29 ans plus tard que l'on trouve pour la première fois le nom actuel de la société. Le 9 juin 1836 était en effet constituée la Société de Monceau-Fontaine appartenant à la Société Générale de Belgique. Chose étonnante pour l'époque et pour la région de Charleroi : sa concession s'étendait déjà sur une superficie de plus de 1.700 hectares. Depuis cette date, il n'y eut pas moins de dix extensions et annexions amenant la société à contrôler à partir de 1948 une concession de 7.260 hectares et à devenir le premier producteur belge de houille. Entretemps, du 7 février 1852 au 17 janvier 1908, la Société de Monceau-Fontaine s'était appelée "Société Anonyme des Charbonnages de Monceau-Fontaine et du Martinet", par l'annexion de la Société des Charbonnages du Martinet faillie en 1850.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est le 17 janvier 1908, lors de l'annexion de la S.A. des Charbonnages de Marchiennes, qu'elle reprit son appellation définitive de S.A. des Charbonnages de Monceau-Fontaine. Après la dernière absorption, celles des Charbonnages du Nord de Charleroi en 1948, la concession s'étalait sur 25 localités et la distance à vol d'oiseau -les Archives ne précisent pas le type d'oiseau- entre deux sièges extrêmes, le N° 17 à Piéton et le N° 25 à Couillet était de 16 km.

En 1953, la société occupait environ 10.000 personnes et produisait 1.750.000 tonnes de houille. Afin d'établir des liens entre ces nombreux travailleurs dont les centres d'activités se trouvaient dans des sièges aussi éloignés que le N° 17 et le N° 25 et leur inculquer le sentiment d'apporter leur collaboration à une seule et même entreprise, Monceau-Fontaine publia à partir d'avril 1953 et jusqu'en mars 1966 un journal d'entreprise intitulé "Chez nous" et qui constitue une chronique abondamment illustrée de l'évolution technique et de la vie sociale de la société au cours de cette période. A ce sujet, je lance UN APPEL à toute personne qui possèderait encore quelques exemplaires de ce journal ou qui pourrait m'orienter vers une source sûre. Avec son accord, je pourrais scanner ces documents. J'accepte également les dons de ces archives ou me faire une offre à l'adresse spotjipi@gmail.com avec la mention en sujet : "Chez nous Monceau-Fontaine". Merci d'avance.

En 1966, le gouvernement, en déclarant la fin de la subsidiation des pertes pour les N° 10 et 25, signifiait leur mise à mort, bientôt suivie en 1967 par celles des sièges N° 6 et 4. Du coup, la voix de "Chez nous" s'éteignit brusquement. Puis ce fut une longue agonie qui se termina le 31 mars 1980 avec l'arrêt du N° 17 à Piéton. Entretemps, le N° 25 à Couillet avait enregistré en 1972 ce qui fut la dernière catastrophe minière en Belgique : un dégagement de grisou tuait 6 mineurs à front d'une galerie en veine A. Il reste à l'heure actuelle peu de vestiges de ce puissant ensemble. A Monceau-sur-Sambre, on peut encore apercevoir le long de la ligne de chemin de fer Charleroi-Bruxellles un chevalement métallique, en poutrelles en treillis, en très mauvais état.

A Couillet, les deux imposants chevalements métalliques du siège N° 25 appelé aussi "Péchon" fermé le 31 mars 1975 domine un coron peuplé à peu près uniquement de Turcs et de maghrébins. Le site, classé, a été acquis par la région wallonne en 1984. La restauration des chevalements, entamée la même année, a été rapidement abandonnée. Ces derniers sont aujourd'hui en très mauvais état et se dressent, insolites et sinistres, sur une aire dénudée, vaste terrain de jeux pour les nombreux enfants du voisinage.

Puit N° 25 

Puit N° 25      

Puit N°  25


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

S'il reste manifestement peu de traces matérielles de l'activité de Monceau-Fontaine, la société elle-même, qui ne fait plus partie du groupe de la Société Générale de Belgique est devenue une société à portefeuille qui a largement bénéficié, après la fermeture, des fruits de captage du grisou sur puits arrêtés et de la vente des biens immobiliers du groupe représentant quand même un joli pactole...

Pour terminer cette page, quelques photos du siège du Martinet dont question plus haut. J'atteste sur l'honneur avoir reçu l'accord de publication de son auteur. Néanmoins, celui-ci m'a demandé ce 8 mars 2011 d'effacer toutes ses références pour des raisons qui lui sont personnelles et que je respecte. Je le remercie chaudement pour m'avoir malgré tout permis de laisser les photos sur mon site.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jusqu'à la prochaine et portez-vous bien, soyez heureux !

Clin d'œil




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Commentaires (2)

1. jeanpierre-arte (site web) 24/06/2012

Tout d'abord remerciements pour votre visite et votre commentaire. J'en ai supprimé un qui faisait double emploi. Pour info.
Prendre des photos de tout est impossible pour un homme seul sur un aussi vaste territoire que l'entité de Charleroi et aussi parce que je ne m'étais pas fixé suffisamment de limites.
Je prépare un site unique sur Marcinelle (ma terre d'origine) et ce sera suffisant.
J'en profite pour lancer un appel : si vous ou une connaissance possède de la documentation sur Marcinelle (anciennes photos, anciens journaux ou tout autre document), n'hésitez pas à m'en faire part via mon adresse e-mail suivante : jeanpierre.arte@gmail.com

Merci encore !

2. degasperi 24/06/2012

merci pour ces belles photos
domage qu'il n'y en a pas plus sur le puit 19 ou mon pere a fait sa carriere en tant que bouveleur

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