Entre Villette et Buisset

 

 

Avant toute chose, une explication sur le titre "Entre Villette et Buisset". Villette parce que le dernier quai de la gare de Charleroi-Sud longe la rue de la Villette sur le territoire de Marcinelle; Buisset est le nom de la place située face à la gare, au-delà de la Sambre.

La rue de la Villette, du nom d'un des quartiers de Marcinelle, relie le bas de l'avenue Paul Pastur et le croisement entre l'avenue Marius Meurée, la rue Ernest Charles et la rue de Philippeville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec la Place Albert 1er et le boulevard Joseph Tirou, la place Emile Buisset est l'un des coeurs vivants de la Ville-Basse. Très cosmopolite, elle accueille hôtels, cafés, tavernes et commerces. Pour le visiteur débarquant d'un des quais de la gare, cet espace est un noeud de communications vers différents centres d'intérêts carolorégiens.

 

 

Rénovée il y a quelques années, ses environs immédiats ont entamé un lifting complet qui, mêlé aux autres manoeuvres en cours dans d'autres quartiers de la cité, donnera à celle-ci un nouvel essor qui aura, certes, coûté cher mais considéré d'ores et déjà comme plus que prometteur. J'y reviendrai sur une autre page de ce site.

 

 

Mais avant de reprendre la ligne de train, j'aimerais vous proposer une petite présentation de cet homme que fut Emile Buisset, né à Charleroi le 29 juin 1866 et y décédé le 7 février 1925. Cette présentation est signée Paul Delforge de l'Institut Destrée.

Docteur en droit de l’Université de Liège (1890), avocat, bâtonnier de l’Ordre, Émile Buisset embrasse une carrière politique qui se révèlera féconde : conseiller communal dès septembre 1903, député (1904-1925), échevin en 1904, et enfin bourgmestre de Charleroi en 1921. Figure libérale marquante de la région de Charleroi, il prend une part active dans la défense des intérêts de la Wallonie.

Le mérite revient à Émile Buisset d’avoir contribué à la prise de conscience du Hainaut à la problématique wallonne. Alors que, à Liège, la question wallonne tendait à sortir progressivement de la confusion de ses débuts, Émile Buisset secoue, dès 1900, l’apathie des Hennuyers au travers de nombreux articles dans la Gazette de Charleroi où il attire l’attention de ses contemporains sur ce qu’il considère comme les exagérations du Mouvement flamand. Membre du Comité d’étude pour la Sauvegarde de l’Autonomie des provinces wallonnes, comité qui est créé par la Ligue wallonne de Liège en 1910, Émile Buisset prend part notamment à la réunion de travail qui se tient à Bruxelles le 27 janvier 1911 et qui examine les moyens légaux et concrets d’assurer l’autonomie wallonne souhaitée. Si la séparation administrative apparaît d’abord aux yeux de Buisset comme le moyen de préserver l’unilinguisme en Wallonie et de défendre les intérêts wallons face aux revendications flamandes, il devient plus évident encore que cette solution doit s’imposer au lendemain des élections du 2 juin 1912 qui ont consacré le succès des catholiques en Flandre, celui des libéraux et socialistes en Wallonie mais surtout la minorisation des Wallons en Belgique. Dès lors, le député libéral prend l’initiative de solliciter, le 17 juin, les conseils provinciaux du Hainaut, de Liège, de Namur et du Luxembourg afin qu’ils votent une résolution autonomiste en faveur de l’élargissement de leurs prérogatives ; pour Buisset, seule cette mesure offrait l’occasion aux populations wallonnes d’être gouvernées selon leurs aspirations philosophiques et sociales et conformément à leurs intérêts matériels.

 

 


L’histoire du développement de Charleroi et du chemin de fer ont été, au XIXième siècle, intimement liées. La Ville s’est appuyée sur le développement et l’extension des réseaux ferroviaires, permettant d’écouler de plus en plus de produits industriels bruts ou manufacturés, directement des usines et des nombreuses manufactures vers les villes de Belgique et d’Europe. Le chemin de fer quand à lui s’est rapidement implanté dans la région, Charleroi étant alors l’un des bassins industriels les plus importants du continent, et seuls la Sambre et le canal de Bruxelles permettaient à l’époque l’écoulement des marchandises. La ville et le chemin de fer profitèrent largement des avantages qu’offraient chacune des parties : d’un côté, une région économiquement forte et prospère, et de l’autre, un moyen de transport efficace et rapide permettant l’écoulement de marchandises.

Charleroi est très rapidement mise en relation avec Bruxelles, la Ville étant située sur la ligne Bruxelles-Namur via Manage. Dès 1843, les trains s’arrêtent à la Ville Basse de Charleroi. Une halte est aménagée, proche de la Sambre canalisée, un peu plus au nord-ouest que la gare actuelle. Le chemin de fer remporte directement un certain succès ; les nombreuses diligences continuent néanmoins à effectuer leurs liaisons avec d’autres villes pendant une dizaine d’années.

 

 



En 1857, un peu moins de quinze ans après l’arrivée du premier train à Charleroi, entre 118 et 126 trains desservent déjà quotidiennement la ville, et ce ne sont pas moins de 1.400 tickets qui sont vendus chaque jour. Rapidement, il est décidé d’ériger une nouvelle station, permettant de développer et d’accueillir les services ferroviaires.
La gare de Charleroi-Sud est érigée entre 1865 et 1874 ; les travaux durèrent plus longtemps que prévus, la guerre franco-allemande de 1870 faisant rage et ralentissant la construction. La nouvelle gare est inaugurée en 1874, quelques mois après la mise en service de la liaison directe Charleroi-Bruxelles via Luttre, plus rapide que la liaison via Manage.

Le bâtiment monumental, de style néo-classique, avant-gardiste pour l’époque par l’utilisation de matériaux nouveaux comme le fer et le verre, est sans doute dû au même architecte de l’ancienne gare de Liège-Guillemins, qui ressemblait beaucoup à celle de Charleroi-Sud. En 1874, deux grandes halles vitrées sont également construites, principalement situées sur le territoire de la commune de Marcinelle. Ces halles seront démolies dans les années 1960.

L’architecture de la gare présente des allures de palais, faisant penser à certaines gares parisiennes, notamment la Gare de l’Est : le centre du bâtiment accueille la salle des pas perdus, illuminée par deux verrières en plein cintre. La verrière côté quais surplombe un vitrail moderne, réalisé en 1964 par l'entreprise Carpet de Marcinelle. De chaque du corps principal de la gare partent deux ailes se terminant par un petit pavillon.

 

 



Rapidement après l’ouverture de la gare, la bourgeoisie vient s’installer dans les quartiers proches de la station. Des hôtels ouvrent également en bord de Sambre. La bourgeoisie profite d’un moyen de transport moderne et rapide, permettant d’atteindre les grandes villes de Belgique et d’Europe en quelques heures, ou quelques jours. Le quartier de la Ville Basse change petit à petit de visage.

Cependant, le bâtiment de la gare devient rapidement trop exigu pour accueillir l’ensemble des services nécessaires au bon fonctionnement de l’infrastructure ferroviaire de la région. Une annexe est construite : l’Hôtel des Chemins de Fer, situé près du Pont de la Résistance, est inauguré en 1938.

Un autre grand pas dans l’Histoire de la Gare du Sud et du chemin de fer à Charleroi fut l’électrification de la ligne Charleroi-Bruxelles, mise en service à partir du 19 novembre 1949. De nombreux bruxellois se rendaient alors à Charleroi, au Palais des Expositions notamment, l’un des plus grands de Belgique, pour profiter et se divertir dans les différents salons organisés à Charleroi.

En 1984, le trafic ferroviaire étant devenu l’un des plus importants de Belgique, une nouvelle tour de signalisation est bâtie à l’ouest de la gare.

La Gare du Sud sera modernisée à plusieurs reprises, sans toutefois subir des changements majeurs. Des travaux de modernisation et d’embellissement eurent lieu notamment dans les années 50 et 60.

 

 

C’est cependant en 2005 que débutèrent les travaux de restauration les plus importants. Sa façade principale a retrouvé son cachet du début du XXième siècle avec ses verrières restaurées.

La gare du Sud, devenue l’une des plus importantes de Belgique en terme de flux de voyageurs, a aujourd’hui retrouvé son lustre d’antan, mêlant architecture des gares du XIXième siècle et modernité et fonctionnalité des gares du XXIième siècle.

En guise de clôture de la première partie de cette série sur "Charleroi-Train", je vous propose une vidéo réalisée à partir de photographies personnelles prises parfois au péril de ma vie. Enfin, j'exagère un fifrelin....

Merci de votre visite, portez-vous bien et n'oubliez pas de sourire... Clin d'œil Uploaded with ImageShack.us

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Commentaires (1)

1. @mour 15/12/2010

J'ai gardé le sourire en voyant tout l'amour que tu mets dans ton travail, c'est superbe. Bisous

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