Les arêtes du Triangle

On ferme les yeux et on retrouve Deep Purple, Creedence Clearwater Revival, The Beatles, Pink Floyd...

 

Le vicomte Jean-Jacques Desandrouin (ou Désandrouin ou Désandrouins ou encore De Sandrouin, parfois même des Androuins) (Lodelinsart (Charleroi), 25 mai 1681 – 16 novembre 1761) est un maître de verrerie, de forges et de houillères, fondateur de la Compagnie des mines d'Anzin. Il est également bailli de Charleroi.
« Les Desandrouin sont le symbole parfait de ce que furent ces hommes d'affaires géniaux et parfois peu scrupuleux, qui transformèrent de fond en comble la région de Charleroi », Hervé Hasquin.

(source : wikipedia)


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Belgique, Hainaut, Charleroi, Ville-Basse, Quartier dit "Le Triangle"

Ce quartier est tout simplement nommé ainsi car ses trois artères, rue du Moulin (à gauche), rue de la Fenderie (en haut) et rue Desandrouin (à droite) ont, en se rejoignant, cette forme géométrique. Ce lieu a traversé des dizaines et des dizaines d'années au service de la vie nocturne de Charleroi. Ce qui m'amène, entre quelques photographies, de vous présenter un peu d'histoire des commerces à Charleroi. Les textes ci-dessous sont tirés de EDM.Docs (Editions Erasme 2010). Les différentes autres sources sont mentionnées également aux endroits ad-hoc.

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Le 24 août 1961, dans une joyeuse effervescence et la cohue des grandes premières, se déroulait à la rue Neuve, l'ouverture d'un magasin Nopri, une petite "grande surface" où se conjugaient étroitement dans un espace calculé avec soin, la vente de produits alimentaires et d'articles textiles, ainsi que la restauration.

Moins de deux mois plus tard, c'est au boulevard Tirou, cette fois, qu'au milieu des gilles aux plumes frémissantes, aux apertintailles sonnantes et aux sabots claquant au rythme saccadé des rigaudons, Delhaize Le Lion ouvrait les portes d'un supermarché à une clientèle fidèle. Et le 30 novembre, à son tour, M. Louis Delhaize de Ransart, au nom de la société qui porte son nom, présidait à l'inauguration du premier supermarché de la firme, à la rue du Collège.

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Les trois fondateurs du Groupe Delhaize.


De gauche à droite: Jules Delhaize, Jules Vieujant et Edouard Delhaize. En arrière-plan, le siège central de Delhaize,

rue Osseghem, à Molenbeek-Saint-Jean (Bruxelles, Belgique)

Le commerce de détail, dans le secteur de l'alimentation, traversait une période de mutation profonde dans le concept de la présentation de la marchandise. L'épicier, coincé entre son haut comptoir encombré de présentoirs et ses rayons où s'étageaient les boîtes, les bocaux, les bouteilles de toutes sortes, entrait dans la légende et dans l'album-souvenir.

Pour répondre à une évolution des modes et des goûts des consommateurs, les techniques de vente débouchaient désormais sur le self-service et les articles préemballés. On offrait la possibilité aux acheteurs de voir par eux-mêmes, de tâter, de palper, de comparer les marchandises en se servant au gré de leurs désirs et, aussi, en les incitant à se laisser tenter plus facilement.

Dans un domaine plus vaste, les plus grands magasins jouaient entre eux de la concurrence avec une extrême courtoisie en dehors des périodes légales des soldes et de la braderie annuelle. Si Sarma et Priba, accrochés à deux pas l'un de l'autre au flanc de la rue de la Montagne, se cantonnaient surtout dans des gammes d'articles que recherchait une clientèle plus populaire aux revenus souvent plus modestes, l'Innovation, le Bon Marché et l'Arc-en-Ciel ciblaient, indifféremment, tous les créneaux d'acheteurs en présentant une large diversité de modèles et un éventail étendu de prix.

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Le Bon Marché en 1904-1905, place Albert 1er

(photo collection groupe Delhaize Le Lion)


Les membres de coopératives, quant à eux, accordaient toute leur confiance à l'Arc-en-Ciel, car ils savaient qu'en fin d'exercice, une ristourne appréciable leur serait attribuée au prorata de leurs achats. Leur fidélité au mouvement économique de l'Action commune socialiste ne pouvait être mieux récompensée.

Un marché matinal avait lieu sur la place de la Digue et apportait à ce quartier "toute la fraîcheur de ses cageots et cartons de légumes et le parfum suave de ses paniers et caissettes de fruits exotiques du pays". Les autres marchés des places publiques représentaient toujours une masse appréciable d'affaires commerciales pour une cité comme Charleroi et le volume des opérations qui s'y déroulaient chaque semaine était particulièrement important. En ville même, le marché quotidien se tenait alternativement les jours impairs à la Ville-Haute et les jours pairs à la Ville-Basse. En plus du marché dominical haut en couleur, pimenté de folklore, chatoyant de nationalités et de langues, vingt-trois marchés se déroulaient par semaine dans douze des quinze anciennes communes qui constituent, aujourd'hui, l'entité.

(Source : d'après Lucien Cariat "Charleroi, une ville, un coeur, une mémoire", Pro Cultura, Marcinelle, 1988, pages 46 à 59)

En 1963, c'est-à-dire avant la fusion des communes, on recensait, pour la ville seule, 2.972 entreprises commerciales.

358 cafés et débits de boissons, 143 points de vente d'alimentation générale, 73 boucheries-charcuteries, 51 magasins de fruits et légumes, 34 boulangeries et boulangeries-pâtisseries, 23 épiceries, 16 marchands de gibier, 11 poissonneries, 46 confiseries, 47 restaurants, 12 friteries, 10 magasins de conserves et 6 de salaisons, 6 magasins à rayons multiples.

On comptait 52 débits de tabacs et de cigares, 7 d'articles pour fumeurs, 17 fourreurs, 39 parfumeurs, 6 spécialistes en produits de beauté, 61 détaillants en vins et liqueurs et autant de coiffeurs pour dames. 

Cent sept maisons se partageaient la vente d'articles de confection. 41 celle des tissus, 13 écoulaient des textiles, 45 la lingerie, 23 la chemiserie, 11 les gaines et corsets, 9 les imperméables et vêtements de pluie. Avec 10 chapeliers et 10 modistes, on dénombrait encore 2 joailleries, 34 bijouteries, 16 fleuristes, 27 firmes d'ameublement, 23 antiquaires, marchands d'objets d'art et brocanteurs, 41 points de vente d'appareils électro-ménagers, 39 de récepteurs de radio et de télévision, 17 officines d'agents de change, 11 banques, 5 agences hippiques, 13 agences de voyages, 25 concessionnaires et représentants de véhicules automobiles, 11 bureaux de financement et de prêt, 33 pharmacies, 16 salles de cinéma et 17 dancings.

(Source : d'après Pierre-Jean Schaeffer, 1830-1994, Histoire d'une Métropole, Quorum, 1995, pages 299 et 300)

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Retour à présent sur le Triangle où les travaux ont débuté. Voici quelques vues originales prises le lundi 2 avril 2012

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Photographies de Jean-Pierre Arte sous © Un reflet dans le miroir du Reflex - Utilisation interdite sans l'approbation de l'auteur

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Commentaires (2)

1. Diorf 24/07/2012

Très belles photos...
Une petite pointe de nostalgie en découvrant ce que sont devenus nos lieux de sorties... Le "HIT CLUB" (vers la fin renommé le "U Turn" comme en attestent les clichés (photos 5649>5658) mais aussi le "GAYPARD" (photos 5640>5647)... C'était aux alentours de l'année 94-95.
Difficile de croire en voyant ces lieux vides que chaque week-end ils étaient remplis de jeunes gens qui faisaient la fête jusqu'au petit matin.
La vodka Melon coulait à flot et le son des basses résonnait contre les murs !
Presque 20 ans sont passés et c'est comme ci c'était hier...

2. BERNARD Mireille 07/04/2012

Comme d'habitude de très belles vues ! mais c'est bien triste de voir les lieux de notre jeunesse mourir et se décomposer ! c'est un peu comme nous !

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Date de dernière mise à jour : 07/04/2012

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